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LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LA COTE D’IVOIRE EN AMERIQUE ET A L’OCEANIE
La coopération entre la Côte d’Ivoire et les pays d’Amérique du Nord et de l’Océanie couvre les Etats-Unis d’Amérique, le Canada et toute la zone Océanie ; notamment, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Ce sont des zones de très forte croissance et de haut niveau de progrès technique qui, grâce à l’appui qu’elles peuvent apporter à l’économie ivoirienne et au transfert de technologie, doivent pouvoir renforcer le processus de développement de la Côte d’Ivoire par le biais de la coopération.
SITUATION DE LA COOPERATION IVOIRO-AMERICAINE
Au plan politique
Dès son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire s’est inspirée du modèle américain de développement : le libéralisme économique. C’est le 21 novembre 1961 que les deux pays ont établi des relations diplomatiques.
Champions du libéralisme économique, respectivement dans le bloc de l’Ouest et en Afrique occidentale, les Etats-Unis d’Amérique et la Côte d’Ivoire sont demeurés des partenaires, et ont œuvré, au fil des années au raffermissement de leurs relations d’amitié et de leur coopération, tant au niveau bilatéral que multilatéral, dans divers domaines.
Ces deux pays partagent depuis fort longtemps, les mêmes idéaux de paix, de démocratie, de droits de l’Homme, et de justice.
Au plan économique et commercial
La coopération entre la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis s’est diversifiée et s’est renforcée davantage, au fil des années, notamment depuis 1990 pour soutenir le Programme d’Ajustement structurel (PAS).
L’un des premiers vastes chantiers américains en Côte d’Ivoire a été la mise en place d’un programme dans le domaine de la construction de logements dénommé « Programme de Garantie de l’Habitat ». Ce programme, financé à hauteur de 54 millions de dollars, a fait l’objet de quatre (4) prêts entre 1967 et 1988.
En outre, de 1973 à 1983, le gouvernement américain a mis à la disposition de la Banque ivoirienne de Développement industriel (BIDI) et du crédit Côte d’Ivoire, des fonds de garantie en faveur d’entreprises ivoiriennes financées à hauteur de 30% à partir d’un prêt concessionnel de 66 millions de dollars octroyé au Conseil de l’Entente.
Au cours de la période 1973-1983, la coopération financière américaine a fourni également à la Côte d’Ivoire, 12,1 millions de dollars en vue de renforcer le système de santé.
D’autres secteurs d’activités économiques, parmi lesquels le secteur municipal, vont s’appuyer sur la coopération financière américaine pour développer leurs infrastructures, la formation en management municipal, ou encore l’amélioration des ressources locales.
A côté de cette coopération financière, la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis d’Amérique ont convenu d’un programme de coopération technique et scientifique nécessaire pour assurer l’autonomie du jeune Etat dans la conception et la mise en œuvre de son programme de développement.
Dans le domaine de la coopération technique, il faut noter des actions en milieu rural surtout, des Volontaires du Corps de la Paix, installés en Côte d’Ivoire depuis 1962, et qui apportent leur expérience technique dans les domaines de l’Education, de la santé et de la gestion de l’Environnement.
Le niveau des programmes de coopération entre la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis s’est considérablement réduit depuis le coup d’Etat de 1999 en raison, notamment, de l’application des sanctions américaines, dites Brooks sanctions, loi qui permet de suspendre partiellement ou totalement le programme de coopération lorsque les conditionnalités qui sous-tendent la politique de coopération ne sont pas respectées.
C’est ainsi que des pans entiers du programme de coopération avec la Côte d’Ivoire font l’objet de suspension, et l’ont réduit à des actions bien ciblées dans des secteurs menacés d’instabilité.
Parmi ces actions financières, on peut citer: la création du Fonds des Etats-Unis d’Amérique pour la Démocratie et les Droits de l’Homme qui est un programme multisectoriel dont l’un des volets concerne les médias pour rendre les articles plus impartiaux et plus objectifs. L’autre volet porte sur un Réseau de Femmes africaines des Femmes ministres et parlementaires pour promouvoir l’accès et le maintien des jeunes filles à l’école ; certains Fonds importants pour le financement des petits projets villageois sous forme de dons dits Fonds d’auto-assistance qui avaient été momentanément suspendus compte tenu de la situation de crise que connaît le pays, mais qui ont été réactivés par la suite ; le Fonds d’Assistance judiciaire le Fonds de réhabilitation du patrimoine culturel.
Par ailleurs, les Etats-Unis d’Amérique apportent leur contribution au programme national de lutte contre le VIH/Sida grâce au financement à hauteur de 8 millions de dollars d’un centre de recherche l il se subdivise en deux composantes : logé au CHU de Treichville, faisant d’Abidjan l’un des deux (2) pôles de recherche existant dans les pays en voie de développement, l’autre se trouvant au Bangkok (Thaïlande).
La lutte contre ce fléau étant devenue une priorité de développement, le programme susmentionné est complété par le Plan d’Urgence Bush contre le Sida financé à hauteur de 15 milliards de dollars sur cinq (5) ans et dont la Côte d’Ivoire est bénéficiaire. L’objet de ce Plan est de créer l’infrastructure nécessaire pour fournir des médicaments anti-retro viraux à tous les malades.
Il convient de rappeler que l’Afrique compte environ 30 millions de personnes porteuses du virus dont plus de 4 millions ont besoin immédiatement d’un traitement thérapeutique.
D’autres initiatives financières ont été menées dans le cadre de la coopération avec les Etats-Unis d’Amérique, qui témoignent de l’engagement de ce pays en matière de sécurité. Il s’agit de l’amélioration des conditions de sécurité à l’aéroport d’Abidjan en dotant celui-ci de moyens de contrôle et de détection.
Selon les Autorités américaines, la raison principale de l’annulation de l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA (African Growth Opportunity Act) serait la dégradation des conditions politiques et économiques qui sous-tendent cette éligibilité. L’AGOA donne au secteur privé ivoirien la possibilité d’avoir un accès préférentiel sur le marché américain, sans droit de douane, ni limitation de quantité. La suspension de cet important programme illustre bien l’importance du blocage actuel de la coopération entre les deux (2) pays. Sa remise à flots est subordonnée à la résolution de la crise ivoirienne ainsi qu’à l’adoption de reformes politiques et économiques.
Les échanges commerciaux globaux (exportations +importations) sont demeurés relativement stables au cours de la période de référence 1999. Cette stabilité des échanges globaux met en évidence le faible impact qu’a eu la crise sur ceux-ci.
A titre d’illustration, ces échanges ont évolué de la manière suivante :
1999
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316,39 milliards FCFA |
2000 |
277,18 milliards FCFA |
2001 |
297,47 milliards FCFA |
2002 |
324,04 milliards FCFA |
2003 |
290,02 milliards FCFA |
Par rapport au solde commercial, les statistiques à cet effet, indiquent une nette évolution en faveur de la Côte d’Ivoire avec des taux de couverture largement au-dessus de un (1).
Entre 1999 et 2003, le niveau moyen des exportations ivoiriennes se chiffre à 224,74 milliards FCFA contre 76,27 milliards FCFA pour les importations ivoiriennes, soit un solde commercial moyen de 148,46 milliards FCFA. Le taux moyen de couverture des importations par les exportations est de 309%.
L’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA devrait permettre d’accroître et de renforcer davantage les échanges commerciaux entre les deux pays.
Au plan scientifique
En matière de coopération scientifique et dans le domaine de l’environnement, l’essentiel des projets est réalisé dans le domaine de l’Environnement.
A ce sujet, on peut citer les actions suivantes initiées par la coopération américaine :
Mise en place d’un Fonds de 25 millions de dollars destinés à des pays du Tiers Monde dont la Côte d’Ivoire et qui a pour but de concevoir des études dans le domaine du changement climatique.
Mise en place d’une convention entre les deux pays relative à la bio-diversité qui permet à la marine ivoirienne de disposer de bateaux de repérage des pollueurs.
Possibilité pour la Côte d’Ivoire de bénéficier de fonds américains dans le cadre de la mise en œuvre de la convention sur la protection des espèces rares que la Côte d’Ivoire a ratifiée afin de protéger l’Eléphant d’Afrique, espèce en voie de disparition.
La formation sur les questions portant sur l’Environnement constituent également un volet important de la coopération scientifique dans la mesure où cette nouvelle discipline se présente, aujourd’hui, comme incontournable dans la coopération.
Au plan culturel et militaire
Permettre aux Américains et ivoiriens de se rencontrer et de discuter de sujets particuliers d’intérêt commun, tel est le but des
Programmes éducatifs et culturels. Ceci se fait, entre autres, à travers des voyages d’études à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, et essentiellement aux Etats-Unis. Ce sont notamment le Programme Fulbright et les Bourses Hubert H. Humprey. Ces programmes ont déjà permis à plusieurs ivoiriens d’aller aux Etats Unis d’Amérique.
Dans le domaine de la formation également, les Etats-Unis d’Amérique sont intervenus en Côte d’Ivoire par le biais du Programme africain de Développent de la Main d’œuvre. Ce programme comprend des bourses d’études et de stage dans les domaines de l’agriculture, de la main-d’œuvre, en management et en santé publique.
Ce programme de formation des ressources humaines s’est poursuivi avec l’USAID, notamment dans le cadre du projet d’Assistance au développement des Ressources humaines.
Les Etats-Unis organisent régulièrement, dans le cadre du renforcement des capacités, des séminaires à l’intention des ivoiriens, dans divers domaines.
L’accord intergouvernemental entre la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis d’Amérique dans le domaine de la formation militaire, a permis à des sous-officiers et Officiers ivoiriens de bénéficier de stages de perfectionnement dans les Ecoles militaires américaines.
SITUATION DE LA COOPERATION IVOIRO-CANADIENNE
Au plan politique
C’est le 26 septembre 1963 que la Côte d’Ivoire et le Canada ont signé un accord établissant les relations diplomatiques entre les deux pays. Ces relations sont excellentes, à en juger le soutien diplomatique que les deux pays s’apportent mutuellement pour la défense de leurs intérêts, tant au niveau bilatéral que multilatéral. La coopération entre les deux pays s’est enrichie davantage dans le cadre de l’Organisation Internationale de la Francophonie, dont la Côte d’Ivoire et le Canada sont membres.
Au plan économique et commercial
L’objectif de développement de la coopération canadienne est la lutte contre la pauvreté, menée par l’Agence canadienne de développement international (ACDI).
Les priorités de l’ACDI:
satisfaction des besoins humains ;
sauvegarde de l’Environnement ;
services des d’infrastructures ;
intégration de la Femme dans le développement ;
développement du secteur privé ;
droits de la personne, démocratie, bonne gouvernance.
Dans cette optique, la Côte d’Ivoire et le Canada ont convenu, en février 2002 d‘un programme de coopération décennal ( 2002-2011) comprenant deux axes majeurs :
le développement coopératif centré sur l’appui aux coopératives café/cacao.
la gestion forestière dans le cadre de la nouvelle politique sectorielle.
A côté de ce vaste programme décennal, il existe des projets en cours d’exécution qui portent notamment sur la gestion décentralisée, sur le renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie ; sur l’appui aux coopératives agricoles (café/cacao).
En outre, ce chapitre relatif aux projets en cours d’exécution renferme les trois (3) fonds suivants :
le fond canadien d’initiatives locales (FCIL) dont l’objectif est d’appuyer les projets de moindre envergure introduits par les populations locales sous forme d’une aide technique, économique, éducative, culturelle et sociale.
le Fonds spécial de développement (FSD) qui vise à appuyer des initiatives venant d’ONG, de la société civile, des collectivités locales, des communautés de base.
le fonds de contrepartie ivoiro-canadien (FDCIC) qui apporte des contributions au financement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. C’est une ligne de crédit mise en place par le Canada pour le financement d’importation de produits canadiens.
L’autre dimension de la coopération canadienne en Côte d’Ivoire, est constituée par les projets régionaux qui visent à renforcer le processus d’intégration. On peut citer entre autres :
la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan (BRVM) : il s’agit à travers cette institution régionale de faciliter l’accès aux entreprises privées de l’UEMOA du marché des capitaux à risques.
le projet d’appui à la lutte contre le Sida (Sida III).
Le projet d’appui à la Surveillance épistémologique intégrée (PASEI) : Il s’agit de former les populations aux maladies infectieuses dont le Sida.
Par ailleurs, le Canada a mis en place un fonds spécial pour l’Afrique qui apparaît comme une réponse bilatérale au NEPAD. Ce fonds a été mis en place pour appuyer les initiatives de développement en Afrique notamment les reformes économiques. Il fixe une de répartition en fonction des secteurs prioritaires de l’Economie. Ainsi, le poste croissance durable, Commerce et investissement représentent 3,1% ; celui relatif à la santé et au VIH/SIDA, 24 % ; l’agriculture et l’Eau s’approprient 21% ; les institutions et la gouvernance 11% ; la portion ayant trait à l’accès aux technologies de l’information équivaut à 8% du total ; enfin, le poste paix et sécurité occupe 5% de l’assiette de répartition.
Les échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et le Canada
De façon générale, les échanges globaux entre les deux (2) pays ont diminué régulièrement en valeur relative et ce, depuis 1999, année de rupture politique en Côte d’Ivoire de 17,9 milliards FCFA en 1999, ces échanges globaux ont décru en 2000, 2001, 2002, en passant respectivement de 14,2 milliards FCFA à 9,9 milliards FCFA, et 9,4 milliards FCFA pour atteindre seulement 11,8 milliards FCFA en 2003.
En termes comparatifs, sur la période de référence susmentionné, les échanges commerciaux ont été favorables au Canada.
En 1999, les importations ivoiriennes représentaient 9,04 milliards FCFA contre 8,8 milliards FCFA pour les exportations ivoiriennes. Ces chiffres se sont dégradés en 2001 et 2002 où les proportions sont pratiquement les mêmes, 7,9 milliards FCFA et 7,3 milliards FCFA pour les importations ivoiriennes contre 2,02 milliards FCFA pour les exportations ivoiriennes. Toutefois, en 2003, on observe un léger renversement de tendance, 4,3 milliards FCFA pour les importations contre 7,5 milliards FCFA pour les exportations.
Les échanges commerciaux de la Côte d’Ivoire avec le Canada dégagent un solde commercial en faveur du Canada. Or, ce pays dispose de très nombreux secteurs qui sont très peu exploités par la partie ivoirienne et pourtant, ils pourraient contribuer efficacement à l’industrialisation de ce pays.
Il convient d’indiquer, cependant, que comme tous les marchés, le marché canadien a ses pratiques, ses exigences. Il appartient aux opérateurs économiques ivoiriens de s’y conformer.
Au plan culturel
Le Canada offre des bourses d’études et de recherches à la Côte d’Ivoire. Le Programme canadien de Bourses d’études de la Francophonie dont le Canada fait bénéficier la Côte d’Ivoire en est la parfaite illustration.
Par ailleurs, en vertu de l’Entente de coopération dans les domaines de l’éducation et de la formation, conclue entre le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire et le gouvernement du Québec, le 14 novembre 2002, les ressortissants ivoiriens étudiant ou désireux d’étudier au Québec peuvent bénéficier d’une exemption des droits de scolarité supplémentaires normalement exigés des étudiants étrangers.
Au plan militaire
La coopération militaire entre La Côte d’ivoire et le Canada dans le domaine de la formation militaire, a permis à des sous-officiers et officiers ivoiriens ainsi qu’à des civils ivoiriens concernés de bénéficier de stages de perfectionnement ou de formation au Canada. Ces stages concernent surtout les techniques de maintien de la Paix.
SITUATION DE LA COOPERATION ENTRE LA CÔTE D’IVOIRE ET L’OCEANIE
Cette partie du monde est presque méconnue de la diplomatie ivoirienne. Les relations de la Côte d’Ivoire avec certains pays de cette zone sont encore limitées au stade de relations d’amitié.
Il conviendrait de formaliser ces relations dans le cadre d’un accord d’établissement de relations diplomatiques, qui permettrait à la Côte d’Ivoire d’engager une coopération fructueuse avec ces pays aux énormes potentialités économiques, scientifiques et technologiques.
L’Amérique du Nord offre d’importantes perspectives de coopération non encore suffisamment explorées par la Côte d’Ivoire. La résolution de la crise ivoirienne devrait permettre d’y remédier et de maximiser la coopération de la Côte d’Ivoire avec cette partie du monde.
En effet, l’Amérique du Nord s’organise en zone de libre échange, notamment avec la création de l’Alliance Nord-Amérique de Libre-échange ( ALENA). C’est un vaste marché de 400 millions d’habitants dont l’accès devrait permettre à la Côte d’Ivoire d’améliorer des performances commerciales et surtout de s’approprier une technologie de pointe dans les domaines de l’information et de la communication, de l’industrialisation, etc., nécessaire pour jouer un rôle dans la mondialisation. En attendant, la reprise effective de la coopération avec les deux(2) pays phare de l’ALENA est une condition sine qua non pour espérer conquérir ce marché et cela passe par la résolution de la crise ivoirienne.
Sur le plan bilatéral, aussi bien du côté du Canada que du côté des Etats-Unis d’Amérique, se met en place des mécanismes d’accès libre à leurs marchés respectifs, c’est-à-dire en franchise de douane et sans limite de quantité tel l’AGOA.
La Côte d’Ivoire ne devra ménager aucun effort pour reprendre sa place parmi les pays africains bénéficiaires de cet important instrument de coopération économique et commerciale. |