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        Politique sociale et développement

EDUCATION ET FORMATION

 

Après l'indépendance, 40% du budget général de fonctionnement des différents gouvernements ont été consacrés à l'éducation. Cependant, le système éducatif, demeuré fragile, éprouvait des difficultés à se transformer pour devenir un véritable moteur de développement. En effet, les structures d'instruction publique se caractérisaient par un manque d'équipements pédagogiques de base. La demande de scolarisation dépassait de loin les capacités de l'offre, d'où une surcharge des classes et une baisse de la qualité de l'enseignement à tous les niveaux. De plus, on constatait une inadéquation entre la formation et les demandes du marché de l'emploi, qui s'était par ailleurs rétréci.

A partir donc de 1993, la Côte d'Ivoire a développé des stratégies et des actions dans le cadre de la mise en œuvre de la reforme du système éducatif prévue dans le plan national du système éducatif/formation (PNDEF) dont l’objectif est d’offrir à chaque citoyen des possibilités de s’éduquer et de se former tout au long de sa vie.
Il s'agira, pour le secteur de l'éducation, d'augmenter les taux nets de scolarisation primaire de 51% en 1996 à 55% en 2000, d'améliorer la scolarisation des enfants, particulièrement celle des filles, ainsi que la qualité de l'enseignement. Ces efforts ont valu à la Côte d'Ivoire des appuis d'autres bailleurs de fonds tels que le PNUD ainsi que le bénéfice de l'initiative PPTE.

Les actions engagées par le Gouvernement ivoirien aux années 95 visent principalement, entre autres, à accroître le taux de scolarisation dans l’ensemble de la population avec un accent particulier sur le taux déscolarisations des filles et des catégories défavorisées afin de réduire des inégalités fondées sur le sexe et la situation socio-économique des citoyens

 
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SANTE
 

La Côte d'Ivoire a hérité, après son indépendance obtenue en 1960, des structures sanitaires coloniales et n'en a réorienté ni l'esprit, ni les fonctions. Dans les années 70, le financement du secteur était presque entièrement à la charge de l'État. Les interventions des bailleurs de fonds étaient limitées et la population commençait à participer au financement des équipements sociaux. Conséquence, la décennie 80 a vu une expansion rapide du secteur privé, les réalisations sanitaires publiques demeurant en retrait en raison de la récession économique. Les services publics de santé s'illustraient par leur inefficacité dans l'offre de soins en raison du manque de médicaments et d'équipements de base.
Durant la période 1994-1997, l’Etat a investi 16,272 milliards de FCFA dans les opérations d’équipement pour rétablir la fonctionnalité des équipements sanitaires. Au total, ce sont 29 hôpitaux et plus de 300 formations sanitaires rurales qui ont étés réhabilités et équipés. Le nombre de dispensaires ruraux est passé de 523 en 1994 à 750 en 1997 et le nombre de maternités rurales de 1990 en 1994 à 384 en 1997.
Ce programme d’ajustement structurel en matière de santé a pour objectif global la lutte contre la pauvreté telle qu’elle a été fixée par le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) ; et dont les objectifs spécifiques sont les suivants:

  • réduire d'un tiers les taux actuels de mortalité et de morbidité avec un accent particulier mis sur le groupe cible le plus vulnérable "la mère et l'enfant".
  • élever de manière significative le taux de vaccination globale de toute la population.
  • améliorer l'accès des populations aux services sanitaires.
  • rendre disponible et accessible les médicaments essentiels.
  • accroître la prévalence contraceptive.
  • réduire le taux de prévalence du VIH/SIDA.
  • renforcer les relations avec la médecine traditionnelle.
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CADRE DE VIE
 

En 1999 le budget de l’Etat ivoirien a porté la marque d'une sévérité accrue du FMI après les dérapages budgétaires observés en 1997. Au total, la récession économique globale et les difficultés persistantes de gestion, malgré des efforts notables du Gouvernement, continuent de laisser leur empreinte sur la dynamique de l'économie ivoirienne, toujours sous ajustement. Ce dernier demeure une contrainte dont l'un des effets majeurs est la détérioration des conditions de vie de la population. En effet la progression de la pauvreté en milieux urbains est devenue plus rapide que dans les campagnes entre 1985 et 1998, le taux de pauvreté est multiplié par 2.8 en milieu rural alors qu'à Abidjan il est multiplié par 15.8 et il quadruple dans les autres centres urbains.

Cette situation a amené le Gouvernement à développer des stratégies de recherche de moyens précaires de développement de la promotion immobilière privée pour les catégories intermédiaires des milieux urbains. Ainsi les opérateurs privés ont produit 23 988 logements de 94/97 avec le concours de l’Etat qui a mis en place des mécanismes de financement tels que le Compte de mobilisation pour l’habitat. Une production de 5 500 logements était attendue pour les années à venir. L’Etat a également initié en 1998 un vaste programme de production de 12 000 logements sociaux, économique et de moyen standing à Abidjan.
Dans le même esprit, il a été exécuté des opérations test tendant à promouvoir les matériaux locaux tels que le géobéton et la tuile. Poursuivant sa politique de promotion du logement en milieu urbain, le gouvernement avait également engagé des actions incitant les promoteurs immobiliers à s’intéresser aux villes de l’intérieur du pays. A cet effet le gouvernement a créé une commission regroupant les aménageurs privés, les promoteurs immobiliers et l’administration avec le concours des bailleurs de fonds, le projet d’appui à la politique de l’habitat (PAPH) dont le financement d’un montant de 6 milliards de FCFA avait été mis en place.

En matière de planification urbaine, plus de 70 localités dans les 16 régions du pays ont bénéficié du projet de lotissement : 90 lotissements composés d’environ 36 863 lots pour une superficie de 3 686 ha ont été approuvés.

En matière de l’amélioration du cadre de vie, des quartiers d’Abidjan présentant de hauts risques ont été restructurés ou déplacés. Ainsi les quartiers précaires de Zoé Bruno à Koumassi, ceux du Pk 18 à Abobo, de Gesco et de Santé à Yopougon ont été rénovés ou réhabilités. Les opérations de recasement ont porté sur trois quartiers précaires en 1998 sur une superficie de 112 ha et concernent les quartiers : Washington, Bilingué et Wassa. A l’intérieur du pays, les opérations d’amélioration des quartiers précaires ont porté sur Bardo à San-Pedro et Banco à Bouaké.

En matière d’environnement, les actions gouvernementales ont essentiellement porté sur la lutte contre la déforestation par la replantation des arbres, la lutte contre les feux de brousse et l’assainissement urbain en matière de traitement des ordures ménagères et d’évacuation des eaux usées.

   
LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
 

Le programme de lutte contre la pauvreté (PLCP) de l’Etat ivoirien poursuit ses objectifs généraux (parmi lesquels le renforcement de la croissance, la réduction de l'incidence de la pauvreté), et spécifiques (prise en compte des volets population et démographie, santé, éducation, alphabétisation, etc…), est assuré, depuis le coup d'État du 24 décembre 1999 par le ministère chargé de la planification, du développement et de la coordination de l'action gouvernementale, afin de corriger le déficit de cohérence et de coordination des actions, initiatives et politiques de lutte contre la pauvreté. Le PLCP devait réduire la pauvreté de 36,8% en 1995 à moins de 30% en l'an 2000.

Il s'agissait, pour le secteur de l'éducation, d'augmenter les taux nets de scolarisation primaire de 51% en 1996 à 55% en 2000, d'améliorer la scolarisation des enfants, particulièrement celle des filles, ainsi que la qualité de l'enseignement. Pour le secteur de la santé, il s'agissait d'améliorer la couverture, la qualité et l'utilisation des services de santé, spécifiquement dans les zones rurales et urbaines défavorisées, d'augmenter le taux de vaccination infantile à 80% en 2000, et d'intensifier la lutte contre le SIDA. Ces efforts ont valu à la Côte d'Ivoire des appuis d'autres bailleurs de fonds tels que le PNUD, la Banque mondiale, etc.

   
ACTION HUMANITAIRE ET ASISTANCE
 

Le programme d'ajustement structurel ivoirien, couvrant les années 1994 à 1997, a été approuvé par le Fonds monétaire international (FMI). Ce programme devrait permettre la Côte d’ivoire de bénéficier d'un concours financier de cette institution au titre de la facilité d'ajustement structurel renforcée d'un montant de 333.3 millions de droits de tirages spéciaux (DTS) (soit 281 milliards de Francs CFA). La Banque mondiale y joindrait 435 millions US $ entièrement consentis sous forme d'une économie Recovery Crédit, sa formule de décaissement la plus rapide. L'Union européenne était également mobilisée au travers d'un troisième programme général d'importation (DGI-III), il en était de même pour la France, premier bailleur de fonds bilatéral du pays.

Cette dernière procède, début 1994, à une annulation de 50% de la dette ivoirienne au titre de l'Aide publique au développement (APD) et des arriérés de paiement sur tous les prêts consentis par l'Agence française de développement (AFD). Au total, en 1994, le montant des concours financiers consentis pour l'AFD à la Côte d'Ivoire s'élèverait à 1.451 milliards de FF. Somme toute, la Côte d’Ivoire obtient un accord de rééchelonnement de sa dette au Club de Paris à des conditions très avantageuses. De 1995 à 2000, le montant global des engagements de AFD et de Proparco s'est élevé à 780.94 millions Euros, soit une moyenne annuelle de 130 millions Euros (dont 30 millions Euros pour Proparco). Les concours projets ont représenté 61% des engagements et les concours d'ajustement structurel 39%.

L'intervention financière de l'AFD s'est traduite par une forte injection financière : 1.6 milliards de dollars en 1994 et 1.1 milliards en 1995 puis plus grand chose. Le retour tant attendu des capitaux privés étrangers n'a pas eu lieu, bien au contraire : le désinvestissement s'est aggravé, comme le montrent les chiffres de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Les flux financiers privés nets sont négatifs de 57 millions de dollars en 1994, de 20 millions en 1995, de 135 millions en 1996. La Côte d'Ivoire rembourse en fait plus qu'elle en reçoit. La dévaluation du Franc CFA ne permet d'améliorer le remboursement des prêts du FMI et de la Banque mondiale ce qui entraîne le retour des relations orageuses avec ces institutions.

Aujourd’hui la Côte d'Ivoire se trouve dans une situation paradoxale. Elle connaît un contexte bien meilleur que celui qui prévalait juste avant la dévaluation. Elle est parvenue à adapter la structure de sa dette à sa nouvelle position de pays pauvres en bénéficiant de conditions beaucoup plus favorables. Alors qu'elle était très endettée auprès des banques commerciales, qu'elle ne remboursait plus depuis une dizaine d'années, elle a obtenu un accord très favorable en Club de Londres. Elle a bénéficié d'annulations bilatérales sur l'initiative de pays comme la France ainsi qu'un traitement en Club de Paris en 1994, suivit d'un second en 1998 lui accordant une annulation de 80% des échéances de la dette éligible. Si toutes ces mesures ne sont pas suffisantes, la Côte d'Ivoire devrait obtenir en plus une assistance pour une sortie définitive de surendettement, incluant une annulation d'une partie de sa dette multilatérale. Avec sa meilleure santé économique depuis la dévaluation, la concertation avec les bailleurs de fonds, elle est donc dans un climat favorable. Notons cependant qu'en dépit de l'optimisme des dirigeants ivoiriens, on aurait tort de considérer que les bases d'une croissance durable sont acquises.

Dans ces moments de troubles politiques et économiques, les Organisations Non gouvernementales se sont développées et regroupées pour la plupart en collectifs : Réseau des ONG d'Environnement (RECI), Collectif des ONG Actives en Côte d'Ivoire (CONGACI), Réseau Ivoirien des ONG Féminines (RIOF), etc. Leurs actions s'orientent tantôt vers la sensibilisation du grand public surtout de jeunes et de femmes sur l'importance de la gestion optimale de l'environnement qui consiste à des opérations coup de balai dans les villes, les quartiers et les écoles ou des opérations de reboisement, la sensibilisation du grand public sur les effets destructifs du sida, dans ces derniers temps de guerre contre la Côte d’Ivoire, les ONG s’investissent davantage dans le secours des Ivoiriens en détresse.

   
 
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