Après l'indépendance, 40% du budget général de fonctionnement des différents gouvernements ont été consacrés à l'éducation. Cependant, le système éducatif, demeuré fragile, éprouvait des difficultés à se transformer pour devenir un véritable moteur de développement. En effet, les structures d'instruction publique se caractérisaient par un manque d'équipements pédagogiques de base. La demande de scolarisation dépassait de loin les capacités de l'offre, d'où une surcharge des classes et une baisse de la qualité de l'enseignement à tous les niveaux. De plus, on constatait une inadéquation entre la formation et les demandes du marché de l'emploi, qui s'était par ailleurs rétréci.
A partir donc de 1993, la Côte d'Ivoire a développé des stratégies et des actions dans le cadre de la mise en œuvre de la reforme du système éducatif prévue dans le plan national du système éducatif/formation (PNDEF) dont l’objectif est d’offrir à chaque citoyen des possibilités de s’éduquer et de se former tout au long de sa vie.
Il s'agira, pour le secteur de l'éducation, d'augmenter les taux nets de scolarisation primaire de 51% en 1996 à 55% en 2000, d'améliorer la scolarisation des enfants, particulièrement celle des filles, ainsi que la qualité de l'enseignement. Ces efforts ont valu à la Côte d'Ivoire des appuis d'autres bailleurs de fonds tels que le PNUD ainsi que le bénéfice de l'initiative PPTE.
Les actions engagées par le Gouvernement ivoirien aux années 95 visent principalement, entre autres, à accroître le taux de scolarisation dans l’ensemble de la population avec un accent particulier sur le taux déscolarisations des filles et des catégories défavorisées afin de réduire des inégalités fondées sur le sexe et la situation socio-économique des citoyens
La reconnaissance politique de la pauvreté a favorisé des dispositions en faveur des plus démunis par l’ouverture des cantines scolaires (2135 cantines pour 256 000 rations en 96/97), la distribution de manuels scolaires aux filles dans les régions de sous scolarisation telles que San-pédro, Odienné, Korhogo, Bondoukou, etc ; plus de 868 496 manuels scolaires ont été gratuitement distribués 100 000 files. Cette opération va également se poursuivre jusqu’en 2004 avec l’avènement de la 2ème République. Un fonds national de l’école a été créé au sein de la CAA (Caisse Autonome d’amortissement) en vue de faire face aux interventions urgentes en faveur des établissements du primaire et du secondaire général technique.
Le programme d’urgence du gouvernement devrait financer de 1998 à 1999 la construction de 413 classes dans le primaire à l’intérieur du pays et 282 classes à Abidjan pour un coût total de 4,682 milliards. Le projet BAD Education IV, prévoyait la construction de 1000 classes dont 731 devraient être achevées sur la période de 1994 à 1998 pour un montant de 9,585 milliards de FCFA et 168 écoles primaires réhabilitées pour un coût global de 4,736 milliards de FCFA.
Au niveau de l’Enseignement technique et la formation professionnelle, les capacités d’accueil sont passées de 12 000 en 94/95 à 16 824 élèves en 97/98. Dans le cadre du projet d’absorption des jeunes déscolarisés plus de 6 300 jeunes sont en formation dans le cadre du projet apprentissage piloté par l’AGEFOP. Le projet pilote d’intégration des femmes au développement économique et social a permis également d’alphabétiser plus de 6200 femmes.
Au niveau de l’Enseignement supérieur, la décentralisation des formations universitaires en faveur des régions s’est poursuivie après l’ouverture de l’Université de Bouaké par les unités régionales d’enseignement supérieur de Daloa en janvier 1996 et de Korhogo 1997. Les cités universitaires ont été réhabilitées pour un coût total de 1,237 milliards de FCFA.
Le bilan des actions menées en 1998 dans le secteur de l'éducation fait apparaître une augmentation des taux nets de scolarisation primaire, une amélioration de la scolarisation des enfants, particulièrement des filles, et un accroissement du taux d'alphabétisation de 43% en 1996 à 48% en 2000. Sur le plan budgétaire, l'analyse de la structure des dépenses d'éducation sur la période 1994-1998 indique que la part des dépenses d'éducation primaire votées et exécutées s'établit en moyenne à au moins 45% du budget total du secteur. La part des investissements dans le secteur primaire est passée de 3,3% des dépenses totales du sous secteur en 1994 à 7,2% en 1997.
La Côte d'Ivoire a hérité, après son indépendance obtenue en 1960, des structures sanitaires coloniales et n'en a réorienté ni l'esprit, ni les fonctions. Dans les années 70, le financement du secteur était presque entièrement à la charge de l'État. Les interventions des bailleurs de fonds étaient limitées et la population commençait à participer au financement des équipements sociaux. Conséquence, la décennie 80 a vu une expansion rapide du secteur privé, les réalisations sanitaires publiques demeurant en retrait en raison de la récession économique. Les services publics de santé s'illustraient par leur inefficacité dans l'offre de soins en raison du manque de médicaments et d'équipements de base.
Durant la période 1994-1997, l’Etat a investi 16,272 milliards de FCFA dans les opérations d’équipement pour rétablir la fonctionnalité des équipements sanitaires. Au total, ce sont 29 hôpitaux et plus de 300 formations sanitaires rurales qui ont étés réhabilités et équipés. Le nombre de dispensaires ruraux est passé de 523 en 1994 à 750 en 1997 et le nombre de maternités rurales de 1990 en 1994 à 384 en 1997.
Ce programme d’ajustement structurel en matière de santé a pour objectif global la lutte contre la pauvreté telle qu’elle a été fixée par le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) ; et dont les objectifs spécifiques sont les suivants:
réduire d'un tiers les taux actuels de mortalité et de morbidité avec un accent particulier mis sur le groupe cible le plus vulnérable "la mère et l'enfant".
élever de manière significative le taux de vaccination globale de toute la population.
améliorer l'accès des populations aux services sanitaires.
rendre disponible et accessible les médicaments essentiels.
accroître la prévalence contraceptive.
réduire le taux de prévalence du VIH/SIDA.
renforcer les relations avec la médecine traditionnelle.
A cet effet, plusieurs programmes ont été mis en oeuvre pour atteindre ces objectifs. Il s'agit notamment:
du Programme de lutte contre le SIDA/MST .Tuberculose qui vise à réduire la transmission sexuelle du VIH/MST, maîtriser la transmission par voie sanguine réduire la transmission mère-enfant, réduire l'impact social du VIH a travers la promotion de l'utilisation des préservatifs par un Marketing social et IEC de proximité, la réalisation d'un film " SIDA dans la cité ", l'installation de comité de lutte contre le SIDA dans les écoles et la formation du personnel.
du Programme national d'éradication du ver de Guinée qui cherche à interrompre la transmission de la Dracunculose d'ici fin 1997, éradiquer la maladie d'ici l'an 2000 grâce à une stratégie basée sur un réseau d'agents sanitaires communautaires, l'approvisionnement en eau potable par la provision de tamis et éducation sanitaire des populations à la consommation de l'eau de pompe ou de forage, la formation des agents de santé communautaires à l'isolement des cas, le traitement des sources d'eau (marigot).
du Programme national de lutte contre le paludisme dont l'objectif global est de réduire la mortalité et la morbidité imputable au paludisme, par le biais d'actions ciblées comme la surveillance sentinelle pour la chimiorésistance au niveau de 6 centres sentinelles (formation des médecins, Infirmiers et Laborantins); la surveillance passive (voir le SIG); la formation des Médecins et Infirmiers à la prise en charge du paludisme grave; la formation des agents de santé et agents de santé communautaire aux techniques d'imprégnation des moustiquaires à l'insecticide; la promotion de l'utilisation des moustiquaires imprégnées par un Marketing social. Ces actions visent à réduire de 10 % la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans; à réduire de 50 % la létalité hospitalière du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans; à réduire de 10 % la morbidité imputable au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans; à réduire de 50 % la morbidité imputable au paludisme chez les femmes enceintes.
du Programme de lutte contre l'Onchocercose Trypanosomiase Bilharziose pour lequel, la Côte d'Ivoire a élaboré en 1994 un programme national de dévolution qui intègre à l'Onchocercose, la Trypanosomiase humaine, la Bilharziose, dans le cadre du processus de dévaluation du programme OCP. Les objectifs de ce programme visent à contrôler et mâîtriser toute recrudescence de l'Onchocercose par le traitement communautaire à l'ivermectine et par la surveillance épidémiologique de la maladie afin de pérenniser les acquis du programme OCP d'une part coordonner les activités de lutte et de surveillance de la trypanosomiase humaine, de la Bilharziose, ainsi que par la formation des Médecins et Infirmiers à la mise en place du traitement communautaire.
du Programme élargi de vaccination qui a pour objectifs d'éradiquer la Polio en 1999; d'éliminer du Tétanos néonatale; de contrôler d'autres malades en vue d'atteindre un taux de couverture nationale de 80 % (taux actuel 60 %), grâce à une campagne de vaccination de masse du public cible et la réalisation d'une Journée nationale de vaccination.
du Programme de lutte contre les ulcères à mycrobactéries (notamment l'Ulcère de Buruli) dont l'objectif est de réduire son incidence et ses complications graves grâce notamment à l'établissement de la prévalence de la maladie; à la sensibilisation de la population par l'Information, l'Education et la Communication (IEC); l'amélioration de la prise en charge médicale psychosociale et nutritionnelle; la fourniture gratuite des médicaments et du matériel médical et au développement de la recherche.
du Programme national de santé infantile qui vise à réduire le taux de mortalité et de morbidité liés aux maladies aiguës (maladies diarrhéiques) et aux infections respiratoires; promouvoir l'allaitement maternel à travers la mise à la disposition des sachets SRO à la population; le marketing des sachets SRO; la formation et sensibilisation du personnel de santé et des mères à la prise ne charge des cas de LMD (Lutte contre les Maladies Diarrhéiques) et les infections respiratoires; la promotion de l'allaitement maternel; l'interdiction de la promotion des structures de lait maternel par un décret; la formation et sensibilisation des mères à l'allaitement maternel.
pour l'Eau et l'Assainissement les objectifs consiste à réduire la mortalité et la morbidité des maladies hydro fécales; à amener 80 % des populations à consommer l'eau de forage et de pompe par des campagnes d'éducation et de sensibilisation; à assurer la qualité de l'eau de consommation par la mise en oeuvre d'activités de contrôle de la qualité de l'eau de consommation des villes et des villages par le Laboratoire de l'INHP; la promotion de l'utilisation des latrines améliorées dans les écoles (programme de cantines scolaires); la formation des agents d'hygiène des communes en hygiène du milieu.
du Programme national de lutte contre les carences en micronutriments dont les objectifs sont de lutter contre la malnutrition en réalisant des activités de complémentation obligatoire en fer chez les femmes enceintes au cours des consultations prénatales; de distribution des capsules de vitamine A dans les zones à risque; de l'iodation des sels de cuisine vendus en Côte d'Ivoire par un décret.
de l'Accessibilité aux médicaments avec pour objectif d'améliorer la disponibilité et l'accessibilité des produits pharmaceutiques dans le secteur public en mettant en oeuvre une politique des médicaments génériques la substitution des médicaments génériques par un décret; et l'amélioration de la distribution des médicaments par une décentralisation.
de la Collaboration avec la médecine traditionnelle qui a pour objectif de favoriser les échanges de connaissances à travers notamment la création d'une Sous-Direction de la médecine traditionnelle; un séminaire de concertation tradipraticiens et Ministère de la Santé; recensement des tradipraticiens.
l'Amélioration de la couverture sanitaire en réalisant des activités de réhabilitation et équipement des formations sanitaires; la construction de nouvelles infrastructures sanitaires; la création de Districts sanitaires; et la mise en place de comités de gestion des formations sanitaires.
En 1999 le budget de l’Etat ivoirien a porté la marque d'une sévérité accrue du FMI après les dérapages budgétaires observés en 1997. Au total, la récession économique globale et les difficultés persistantes de gestion, malgré des efforts notables du Gouvernement, continuent de laisser leur empreinte sur la dynamique de l'économie ivoirienne, toujours sous ajustement. Ce dernier demeure une contrainte dont l'un des effets majeurs est la détérioration des conditions de vie de la population. En effet la progression de la pauvreté en milieux urbains est devenue plus rapide que dans les campagnes entre 1985 et 1998, le taux de pauvreté est multiplié par 2.8 en milieu rural alors qu'à Abidjan il est multiplié par 15.8 et il quadruple dans les autres centres urbains.
Cette situation a amené le Gouvernement à développer des stratégies de recherche de moyens précaires de développement de la promotion immobilière privée pour les catégories intermédiaires des milieux urbains. Ainsi les opérateurs privés ont produit 23 988 logements de 94/97 avec le concours de l’Etat qui a mis en place des mécanismes de financement tels que le Compte de mobilisation pour l’habitat. Une production de 5 500 logements était attendue pour les années à venir. L’Etat a également initié en 1998 un vaste programme de production de 12 000 logements sociaux, économique et de moyen standing à Abidjan.
Dans le même esprit, il a été exécuté des opérations test tendant à promouvoir les matériaux locaux tels que le géobéton et la tuile. Poursuivant sa politique de promotion du logement en milieu urbain, le gouvernement avait également engagé des actions incitant les promoteurs immobiliers à s’intéresser aux villes de l’intérieur du pays. A cet effet le gouvernement a créé une commission regroupant les aménageurs privés, les promoteurs immobiliers et l’administration avec le concours des bailleurs de fonds, le projet d’appui à la politique de l’habitat (PAPH) dont le financement d’un montant de 6 milliards de FCFA avait été mis en place.
En matière de planification urbaine, plus de 70 localités dans les 16 régions du pays ont bénéficié du projet de lotissement : 90 lotissements composés d’environ 36 863 lots pour une superficie de 3 686 ha ont été approuvés.
En matière de l’amélioration du cadre de vie, des quartiers d’Abidjan présentant de hauts risques ont été restructurés ou déplacés. Ainsi les quartiers précaires de Zoé Bruno à Koumassi, ceux du Pk 18 à Abobo, de Gesco et de Santé à Yopougon ont été rénovés ou réhabilités. Les opérations de recasement ont porté sur trois quartiers précaires en 1998 sur une superficie de 112 ha et concernent les quartiers : Washington, Bilingué et Wassa. A l’intérieur du pays, les opérations d’amélioration des quartiers précaires ont porté sur Bardo à San-Pedro et Banco à Bouaké.
En matière d’environnement, les actions gouvernementales ont essentiellement porté sur la lutte contre la déforestation par la replantation des arbres, la lutte contre les feux de brousse et l’assainissement urbain en matière de traitement des ordures ménagères et d’évacuation des eaux usées.
LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
Le programme de lutte contre la pauvreté (PLCP) de l’Etat ivoirien poursuit ses objectifs généraux (parmi lesquels le renforcement de la croissance, la réduction de l'incidence de la pauvreté), et spécifiques (prise en compte des volets population et démographie, santé, éducation, alphabétisation, etc…), est assuré, depuis le coup d'État du 24 décembre 1999 par le ministère chargé de la planification, du développement et de la coordination de l'action gouvernementale, afin de corriger le déficit de cohérence et de coordination des actions, initiatives et politiques de lutte contre la pauvreté. Le PLCP devait réduire la pauvreté de 36,8% en 1995 à moins de 30% en l'an 2000.
Il s'agissait, pour le secteur de l'éducation, d'augmenter les taux nets de scolarisation primaire de 51% en 1996 à 55% en 2000, d'améliorer la scolarisation des enfants, particulièrement celle des filles, ainsi que la qualité de l'enseignement. Pour le secteur de la santé, il s'agissait d'améliorer la couverture, la qualité et l'utilisation des services de santé, spécifiquement dans les zones rurales et urbaines défavorisées, d'augmenter le taux de vaccination infantile à 80% en 2000, et d'intensifier la lutte contre le SIDA. Ces efforts ont valu à la Côte d'Ivoire des appuis d'autres bailleurs de fonds tels que le PNUD, la Banque mondiale, etc.
ACTION HUMANITAIRE ET ASISTANCE
Le programme d'ajustement structurel ivoirien, couvrant les années 1994 à 1997, a été approuvé par le Fonds monétaire international (FMI). Ce programme devrait permettre la Côte d’ivoire de bénéficier d'un concours financier de cette institution au titre de la facilité d'ajustement structurel renforcée d'un montant de 333.3 millions de droits de tirages spéciaux (DTS) (soit 281 milliards de Francs CFA). La Banque mondiale y joindrait 435 millions US $ entièrement consentis sous forme d'une économie Recovery Crédit, sa formule de décaissement la plus rapide. L'Union européenne était également mobilisée au travers d'un troisième programme général d'importation (DGI-III), il en était de même pour la France, premier bailleur de fonds bilatéral du pays.
Cette dernière procède, début 1994, à une annulation de 50% de la dette ivoirienne au titre de l'Aide publique au développement (APD) et des arriérés de paiement sur tous les prêts consentis par l'Agence française de développement (AFD). Au total, en 1994, le montant des concours financiers consentis pour l'AFD à la Côte d'Ivoire s'élèverait à 1.451 milliards de FF. Somme toute, la Côte d’Ivoire obtient un accord de rééchelonnement de sa dette au Club de Paris à des conditions très avantageuses. De 1995 à 2000, le montant global des engagements de AFD et de Proparco s'est élevé à 780.94 millions Euros, soit une moyenne annuelle de 130 millions Euros (dont 30 millions Euros pour Proparco). Les concours projets ont représenté 61% des engagements et les concours d'ajustement structurel 39%.
L'intervention financière de l'AFD s'est traduite par une forte injection financière : 1.6 milliards de dollars en 1994 et 1.1 milliards en 1995 puis plus grand chose. Le retour tant attendu des capitaux privés étrangers n'a pas eu lieu, bien au contraire : le désinvestissement s'est aggravé, comme le montrent les chiffres de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Les flux financiers privés nets sont négatifs de 57 millions de dollars en 1994, de 20 millions en 1995, de 135 millions en 1996. La Côte d'Ivoire rembourse en fait plus qu'elle en reçoit. La dévaluation du Franc CFA ne permet d'améliorer le remboursement des prêts du FMI et de la Banque mondiale ce qui entraîne le retour des relations orageuses avec ces institutions.
Aujourd’hui la Côte d'Ivoire se trouve dans une situation paradoxale. Elle connaît un contexte bien meilleur que celui qui prévalait juste avant la dévaluation. Elle est parvenue à adapter la structure de sa dette à sa nouvelle position de pays pauvres en bénéficiant de conditions beaucoup plus favorables. Alors qu'elle était très endettée auprès des banques commerciales, qu'elle ne remboursait plus depuis une dizaine d'années, elle a obtenu un accord très favorable en Club de Londres. Elle a bénéficié d'annulations bilatérales sur l'initiative de pays comme la France ainsi qu'un traitement en Club de Paris en 1994, suivit d'un second en 1998 lui accordant une annulation de 80% des échéances de la dette éligible. Si toutes ces mesures ne sont pas suffisantes, la Côte d'Ivoire devrait obtenir en plus une assistance pour une sortie définitive de surendettement, incluant une annulation d'une partie de sa dette multilatérale. Avec sa meilleure santé économique depuis la dévaluation, la concertation avec les bailleurs de fonds, elle est donc dans un climat favorable. Notons cependant qu'en dépit de l'optimisme des dirigeants ivoiriens, on aurait tort de considérer que les bases d'une croissance durable sont acquises.
Dans ces moments de troubles politiques et économiques, les Organisations Non gouvernementales se sont développées et regroupées pour la plupart en collectifs : Réseau des ONG d'Environnement (RECI), Collectif des ONG Actives en Côte d'Ivoire (CONGACI), Réseau Ivoirien des ONG Féminines (RIOF), etc. Leurs actions s'orientent tantôt vers la sensibilisation du grand public surtout de jeunes et de femmes sur l'importance de la gestion optimale de l'environnement qui consiste à des opérations coup de balai dans les villes, les quartiers et les écoles ou des opérations de reboisement, la sensibilisation du grand public sur les effets destructifs du sida, dans ces derniers temps de guerre contre la Côte d’Ivoire, les ONG s’investissent davantage dans le secours des Ivoiriens en détresse.