::  PROGRAMME DE MONSIEUR LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE L'INTEGRATION AFRICAINE S.E.M Jean-Marie Kacou GERVAIS : jeudi 12 aout 2010 14h00: Arrivée du Ministre de ShangaÏ, par Emirate EK N°0787 15h30 : Présentation des lettres de créances de S.E.M don Batho Nsué Obam Mengue, Ambassadeur Equato-guinéen au Président de la République, au Palais présidentiel.; Vendredi 13 août 2010: 10h00: S.E.M Abdelhafidh Harguem, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre tunisien des AFFAIRES ETRANGERES, chargé des Affaires maghrébines, arabes et Africaines. 12h00: S.E. Mme Yao Yao Akissi, déléguée permanent de la CI auprès del’UNESCO à paris.      
 
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        Actualité diplomatique
 

01-02-2010

Diplomatie de paix | Cérémonie d’ouverture du cinquantenaire de la cote d’ivoire : Le Président Laurent Gbagbo invite les Ivoiriens à faire le bilan des cinquante ans de notre indépendance et à se projeter dans le futur.

Le Président Laurent Gbagbo «Nous sommes ici pour l’ouverture du jubilé. Le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire, c’est aussi celui des pays africains francophones, mais, c’est en même temps, un regard sur les 50 ans passés de l’Afrique.
La question qui se pose aujourd’hui, c’est que voilà 50 ans que l’Indépendance a été proclamée. Que devient le pays ? Que devenons-nous ? Qu’avons-nous fait du pays ? Quelle est la place que nous donnons au travail ? A l’invention ? A la créativité ? A l’Indépendance ?

Quels sont les chemins de l’Indépendance ? Quelle est la nature de notre Indépendance ? Où est-ce que nous devons aller demain ? Qu’est-ce que la Côte d’Ivoire sans l’Afrique ?»

Telles sont les différentes problématiques sur lesquelles le Président de la République, S.E.M. Laurent Gbagbo, a bâti son discours, mais a surtout souhaité que la Côte d’Ivoire des 50 ans à venir bâtisse son devenir, son avenir.

«Que faut-il faire pour que dans les 50 ans à venir, l’assurance de l’être soit au rendez-vous du confort de l’avoir ?», avait questionné dans son allocution d’ouverture, pour lui emboîter le pas, le Pr. Pierre Kipré, Président de la Commission Nationale Préparatoire du Cinquantenaire de la Côte d’Ivoire, maître d’œuvre de la cérémonie d’ouverture officielle qui a eu lieu ce jour, dimanche 31 janvier 2010, sur le parvis du Palais Présidentiel, à Abidjan.

Pour tout dire, cette fête qui avait pour objet de poser les jalons de la fête grandeur nature du 7 Août 2010 à Yamoussoukro, a eu tout de la grande fête elle-même.

Devant un parterre de personnalités composé des Présidents des Institutions de la République, de Membres du Gouvernement, de Diplomates, de la Haute hiérarchie militaire, des Elus et Membres de la Société civile, témoins privilégiés de la cérémonie, le Comité d’organisation a mis les petits plats dans les grands pour donner du son, de la couleur et une ambiance festive à cette manifestation qui fera date dans l’histoire de la Côte d’Ivoire nouvelle.

L’occasion était donc belle pour Laurent Gbagbo qui a invité l’ensemble des ivoiriens à regarder l’avenir sans oublier le passé. Pour cela, il les a exhortés à réfléchir sur les problématiques des coups d’Etat et guerres civiles en Afrique et sur la notion de l’Etat et du parti unique.

Sur chacune des questions ci-dessus, le Chef de l’Etat a dit un mot. «Si elle était aussi importante, pourquoi ceux qui lui trouvaient une autre alternative étaient-ils combattus ?», a-t-il questionné en ce qui concerne le parti unique. Relativement aux coups d’Etat, le Président de la République a crié son dégoût : «On est fatigué des coups d’Etat. La culture des coups d’Etat engendre la culture des menteurs». Et de conclure avec la question-réponse suivante : «Pourquoi toutes ces plaies sur l’Afrique ? Peut-être faut-il chercher en dehors de l’Afrique, d’autres raisons. Je pense qu’en Afrique, on n’a pas assez réfléchi sur nos Indépendances. C’est sur tout cela que je voudrais que la Commission nationale préparatoire réfléchisse».

Autre notions évoquées, la Démocratie et la capacité des ivoiriens à s’autodéterminer eux-mêmes par la résolution de leurs préoccupations économiques et surtout politiques: «La Démocratie est un impératif pour nous-mêmes. En l’appliquant, nous réglons nos propres problèmes de fonctionnement de l’Etat. Nous ne la faisons pas pour faire plaisir à nos amis à l’extérieur. L’autre sujet, c’est que les problèmes des ivoiriens appartiennent aux ivoiriens qui doivent les régler. Non aux Commissions internationales de règlement des conflits !», a-t-il fait savoir.

Pour toutes ces questions posées et pour bien d’autres encore, Laurent Gbagbo promet une grande fête. Celle qui permettra à la Côte d’Ivoire, dans toute sa composante, de marquer le coup, le 7 Août prochain à Yamoussoukro, et de solutionner l’ensemble des équations posées, devant l’ensemble des ivoiriens ; «…les pays du Conseil de l’Entente ; l’Afrique de l’Ouest ; l’Afrique tout entier», invités à cette fête que tous les ivoiriens souhaitent à la dimension de leur pays.

Les autres points forts de cette cérémonie ont été entre autres, la sarabande des fanions par 50 enfants, le témoignage d’un natif du 7 Août 1960 ; la déclamation poétique exécuté par un dramaturge ; la procession de 50 tambourinaires et surtout le lancer de 150 ballons marqués de propos forts extraits des différents discours du Chef de l’Etat, pour porter au monde, la bonne nouvelle. Celle de la Côte d’Ivoire prête à reprendre toute sa place dans le concert des Nations.

REACTIONS DE QUELQUES PERSONNALITES AU TERME DE LA CEREMONIE

BERNARD DADIE (Ecrivain, Père des Lettres ivoiriennes)
« C’est parfait. C’est très bien »

LE GENERAL PHILIPPE MANGOU (Chef d’Etat-Major des Armées)
«Effectivement, cette cérémonie nous inspire deux choses : le côté festif ; mais surtout, le côté réflexion. Cela fait 50 ans que nous sommes indépendants. Cette indépendance a été acquise de haute lutte. Le Président Laurent Gbagbo l’a évoqué, beaucoup sont morts pour cette indépendance. Et, après avoir acquis l’indépendance, beaucoup a été fait. Mais, malheureusement, les enfants de ce pays, eux-mêmes, l’ont défiguré ; ils ont créé la misère, et, aujourd’hui, nous sommes revenus de près de 50 ans en arrière. Il y a donc lieu de se poser des questions, pour savoir ce que nous avons réellement fait de notre indépendance».

AKE N’GBO (Doyen de l’UFR des Sciences Economiques et de Gestion de l’Université d’Abidjan)
«J’éprouve des sentiments de joie et surtout de responsabilité. Car, comme l’a dit S.E.M. le Président de la République, nous avons assez chanté et dansé. C’est maintenant le temps de la réflexion. Il nous faut faire le bilan des cinquante ans et se projeter dans le futur. Ce fut une très belle cérémonie. Nous avons apprécié le discours du Président de la République».

EL HADJ LY MOUSSA (Citoyen ivoirien, né le 7 août 1960)
«Je pense que ma vraie impression ce sera le 7 Août. Parce que le 7 août 2010, j’aurai 50 ans, en même temps que la Côte d’Ivoire. Célébrer 50 ans, c’est un événement majeur. Et savoir qu’on est né à la même date, à la même l’heure que la Côte d’Ivoire, c’est quelque chose de très formidable».

LIRE DE LARGES EXTRAITS DU DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;
Mesdames et Messieurs les Ministres ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique ;
Monsieur le Président de la Commission Nationale Préparatoire du Cinquantenaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire ;
Messieurs les Préfets de Région ;
Mesdames et messieurs les Elus ;
Monsieur le Général de Division, Chef d’Etat- Major des Armées ;
Messieurs les Officiers Généraux et Officiers Supérieurs ;
Mesdames et Messieurs les Présidents des Conseils d’Administration, Directeurs Généraux, Directeurs Centraux et Chefs de Service ;
Mesdames et Messieurs les membres de la Commission Nationale Préparatoire du Cinquantenaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire ;
Distingués Chefs Traditionnels ;
Honorables Chefs Religieux ;
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes là, aujourd’hui, pour lancer l’ouverture de l’année du Cinquantenaire et, comme on le dit à l’Eglise, l’ouverture de l’année du Jubilé.

On aurait pu attendre le 7août, faire un grand défilé et on serait allé s’asseoir à la maison. Je n’ai pas voulu de cela. Parce que cela fait 50 ans que nous défilons et nos Militaires savent défiler. Il aurait suffi que je demande au Général Mangou ( Ndlr : Général de Division, Chef d’Etat- Major des Armées ) d’apprêter les troupes pour faire un défilé gigantesque. Ce n’est pas ce que nous avons voulu. Nous aurions pu aussi faire de nombreux bals populaires. Nous savons les faire. Les Africains savent danser. Nous aurions pu danser dans tous les quartiers d’Abidjan ; dans tous les villages ; dans toutes les villes. Mais, ce n’est pas cela que nous avons voulu. Le Cinquantenaire de la Côte d’Ivoire ; le Cinquantenaire de l’Indépendance des pays Africains francophones, doit être en même temps un regard sur les 50 ans passés de l’Afrique.

Notre Indépendance a été proclamée le 7Août 1960 et ces deux bâtiments ont été inaugurés le 7Aout 1961 ; On les a construits vite, vite, vite … Là-bas, où se trouve la Résidence officielle du Chef de l’Etat, c’était la maison du Gouverneur. Ici, et le Ministre Bernard Dadié peut témoigner, c’était la CFAO (Ndlr : Compagnie Française de l’Afrique de l’Ouest) . Nous avons encore des bâtiments coloniaux qui sont encore là. Mais, pourquoi nous avons voulu cet anniversaire sous cette forme là ? Je pense qu’en Afrique, on n’a pas encore assez réfléchi sur l’ère des Indépendances. Et nous ne réfléchissons pas assez sur l’ère des Indépendances ! Qu’est-ce-que c’est que l’Indépendance ? Il faut réfléchir à cela !

Je voudrais rappeler tous ceux qui sont morts à Bouaflé, à Dimbokro, à Adzopé. Pourquoi ils sont morts ? Pourquoi ils se sont battus à Treichville? Tous ceux qui se sont battus en ce moment-là- nous avons encore deux survivants, Bernard Dadié et Ekra Mathieu- ils étaient arrêtés en 1949, mis dans un fourgon et emmenés en prison à Bassam. Peut- être, ils témoigneront un jour pour vous dire le sens du combat qu’ils menaient en ce moment-là.

Quelques historiens ont travaillé sur l’Indépendance de la Côte d’Ivoire ; sur les années qui ont précédé la proclamation des Indépendances. Nous avons Jean- Noel Loucou ; Laurent Gbagbo ; le Ministre Joachim Bony. On est quelques rares comme cela à avoir des thèses sur les périodes qui ont précédé l’Indépendance de la Côte d’Ivoire. La question qui se pose à nous aujourd’hui, est ceci : ‘’voici 50 ans que l’Indépendance a été proclamée ; que devient le pays ? Et nous- mêmes, que devenons-nous ? Comment avons-nous utilisé nos 50 ans d’Indépendance et qu’est-ce-que nous allons demander aux enfants et à nos petits- enfants de faire dans les 50 autres années à venir ? Tel est le problème que je pose et telle est la raison pour laquelle j’ai mis en place cette Commission.
Je pense qu’on a trop dansé en Afrique ; on a trop chanté ; on a trop rigolé. Maintenant, il faut réfléchir pour savoir d’où on vient et où on va ! Il faut qu’on sache d’où on vient et où on va.

De la manière dont on pense ce problème, résulte la question du choix de celui qui doit diriger la Commission. Je vous ai dit que j’aurais pu demander au Général Mangou de diriger cette Commission. Cela m’ai venu un moment à l’esprit. Mais ce n’est pas cela. Il faut réfléchir ; et il nous faut réfléchir. Il nous faut réfléchir Mais, est-ce-que ce sont les Ivoiriens seulement qui doivent réfléchir ? L’Afrique, qu’est-ce-que la Côte d’Ivoire sans l’Afrique ? Un livre que je voulais écrire- c’était avant d’être Président, mais je l’écrirai- Pourquoi il ya eu le parti unique en Afrique ? Cela me préoccupe. En 1960 tous les pays ont les partis uniques. Moi, j’avais 15 ans. Je ne suis pas né comme M. en 1960. Et quand Amédé Pierre ( Ndlr : Artiste chanteur) venait chanter à Gagnoa, c’est nous qui faisons la publicité dans les camions et qui invitions le public à venir au concert. Cela nous donnait le droit d’entrer gratuitement au bal. J’avais donc 15ans. Mais quand quelques années après, jeunes à 18, 20 ans, nous décidons de faire la politique, nous sommes bloqués parce qu’il y a le parti unique.

 
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